Tout ce qu'il faut savoir sur l'épreuve, et les sujets de la banque nationale corrigés question par question.
L'épreuve pratique de NSI, c'est une heure sur ordinateur en mai-juin, un sujet tiré d'une banque nationale publique, et un examinateur qui vient échanger avec toi pendant que tu codes. Elle compte pour un quart de ta note de spécialité.
Tu trouveras ci-dessous les sujets de la banque corrigés et expliqués question par question. Sous la liste, l'essentiel sur l'épreuve : le déroulé, la notation, les erreurs qui coûtent des points et comment t'y préparer.
Tu cherches les sujets eux-mêmes, les énoncés et les fichiers à télécharger ? Ils sont dans les documents de NSI.
L'épreuve de spécialité NSI de terminale se compose de deux parties :
une partie écrite de 3 h 30, avec trois exercices indépendants ;
une partie pratique d'1 heure, sur ordinateur.
Chacune est notée sur 20. L'écrit pèse 75 % de la note finale, la pratique 25 %. Concrètement, l'épreuve pratique représente 5 points sur les 20 de ta note de NSI.
Le principe : tu programmes une application informatique à partir d'un document qu'on te remet le jour de l'épreuve. On ne te demande pas de réciter le cours. On te demande de montrer ce que tu sais faire, clavier en main. Elle a lieu en mai-juin, dans ton lycée.
Le programme de référence est celui de terminale. Les notions de première que tu n'as pas revues en terminale doivent être connues et utilisables, mais elles ne peuvent pas constituer le cœur d'un sujet.
Attention aux ressources périmées. Le format de l'épreuve a changé à partir de la session 2026. Beaucoup de sites décrivent encore l'ancienne version, avec deux exercices indépendants notés sur 8 points : elle ne s'applique plus.
Le déroulé le jour J
Où et quand. Dans ton lycée, en mai-juin, à une date fixée par ton académie. Durée : 1 heure.
Le sujet. Tu ne le choisis pas. Ton lycée retient une liste de sujets dans la banque nationale, puis le jury t'en attribue un dans cette liste. La bonne nouvelle, c'est que cette banque est publique. Elle est mise en ligne chaque année au plus tard le 24 mars, sur le site officiel des sujets d'examen. Tu peux donc t'entraîner sur les sujets réels, et c'est exactement à ça que servent les corrections de cette page.
Ce qu'on te fournit. Un document qui pose un contexte et une série de questions, accompagné des fichiers dont tu as besoin selon le sujet : données, images, programmes Python.
L'examinateur. Ce n'est jamais ton professeur de l'année. Il suit jusqu'à quatre candidats en même temps et passe échanger avec chacun. Ce dialogue fait partie de l'évaluation : tu dois pouvoir expliquer ce que fait ton code, et pourquoi.
Rien de ce qui t'attend n'est une surprise : le format est connu, les sujets sont publics, et l'examinateur est là pour dialoguer, pas pour te piéger.
Comment c'est noté
L'examinateur te note sur 20, au demi-point près. Il remplit pour chaque candidat une fiche d'évaluation, avec la note et un commentaire écrit.
Cette note vaut ensuite 25 % de ta note de spécialité, soit 5 points sur 20. L'écrit fournit les 15 autres.
Le point essentiel : tu n'es pas noté seulement sur ton fichier final. L'épreuve évalue ta maîtrise des compétences pratiques, et l'examinateur la juge à partir du dialogue qu'il a avec toi. Un programme qui fonctionne mais que tu ne sais pas expliquer vaut moins qu'un programme inachevé dont tu comprends chaque ligne et dont tu sais dire ce qu'il reste à faire.
Les notions qui tombent le plus
Dans la banque 2026 (23 sujets), une notion domine toutes les autres : le traitement de données. Lire un fichier CSV, ranger les informations dans des dictionnaires, filtrer, compter, calculer : c'est le cœur de 8 sujets sur 23. Si tu ne devais maîtriser qu'une chose, ce serait celle-là.
Viennent ensuite :
la programmation orientée objet : au moins 5 sujets te demandent de compléter ou d'utiliser des classes ;
l'encodage et le binaire : compression d'image, QR code, conversions, dans au moins 3 sujets ;
l'algorithme des k plus proches voisins : 2 sujets.
Certaines notions n'apparaissent qu'une fois : les bases de données SQL et la récursivité. Elles sont rares, mais pas absentes. Si ton lycée retient ces sujets, tu peux tomber dessus.
Enfin, ce qui ne tombe pas : aucun sujet de la banque 2026 ne porte sur les arbres, les graphes, les piles ou les files. Ces notions restent indispensables pour l'écrit, pas pour la pratique.
Retiens surtout ceci : la pratique vérifie moins ta capacité à mobiliser des notions pointues que la solidité de tes bases. Boucles, listes, dictionnaires, fonctions : c'est là que se jouent la plupart des points.
Les erreurs qui coûtent des points
Après des années à préparer des élèves à cette épreuve, je constate que les points ne se perdent presque jamais sur des notions manquantes. Ils se perdent sur cinq réflexes qui ne s'acquièrent qu'en s'entraînant sur machine.
Savoir faire, sans savoir dicter
C'est l'erreur mère, celle dont découlent presque toutes les autres.
Demande à un élève de calculer une moyenne : il répond du tac au tac. « J'additionne les notes et je divise par le nombre de notes. » Demande-lui maintenant de l'expliquer à la machine, et il bloque. Parce que la machine, elle, ne sait rien. Elle ne sait pas ce qu'est « additionner les notes ». Il faut lui dire où commencer, quoi ajouter à quoi, et quand s'arrêter.
Ceux qui essaient quand même écrivent souvent l[0] + l[1] + l[2], et s'arrêtent là. Cette ligne dit tout : ils n'ont pas encore intégré qu'on écrit un programme sans connaître la taille de la liste sur laquelle il tournera.
Ce qu'il faut faire. Avant d'écrire la moindre ligne, découpe l'action en actions élémentaires, à voix haute ou au brouillon. Pas « je calcule la moyenne », mais : je pose un total à zéro, je parcours la liste, j'ajoute chaque note au total, puis je divise le total par le nombre de notes. Une fois la phrase dite dans cet ordre, le code s'écrit presque tout seul.
Ne pas tester
Peu d'élèves testent spontanément. Ils écrivent la fonction, la relisent, la trouvent juste et passent à la question suivante.
La cause est simple : pendant toute l'année, ils ont programmé sur feuille, en DS et en exercices, rarement sur machine. Le réflexe d'exécuter n'a jamais eu l'occasion de se former, et il ne s'improvise pas le jour de l'épreuve.
Or l'épreuve pratique récompense exactement ce réflexe. Les sujets fournissent d'ailleurs des exemples d'appel avec le résultat attendu : ils sont là pour que tu t'en serves.
Ce qu'il faut faire. Une fonction écrite est une fonction testée, immédiatement, avant de lire la question suivante. Et avec tes propres cas : la liste vide, un seul élément, la valeur cherchée en dernière position.
Ne pas savoir dérouler son propre code
Quand un élève ne comprend pas pourquoi son code renvoie autre chose que ce qu'il voulait, il n'y a qu'une issue : dérouler à la main, tour de boucle par tour de boucle, en écrivant la valeur de chaque variable à chaque étape.
La technique qui débloque presque toujours est un tableau : une colonne par variable, une ligne par tour de boucle. On remplit case par case, et l'erreur saute aux yeux, qu'il s'agisse de deux affectations dans le mauvais ordre ou d'une boucle qui démarre ou s'arrête au mauvais indice.
Le vrai obstacle n'est pas technique. Après deux utilisations, beaucoup d'élèves abandonnent le tableau : ils y voient une béquille, un truc pour ceux qui n'y arrivent pas. C'est exactement l'inverse. Ce tableau, c'est ce que fait la machine, ligne après ligne. L'écrire, ce n'est pas avouer une faiblesse, c'est faire le travail d'un informaticien.
Ce qu'il faut faire. Garde le tableau, même quand tu penses ne plus en avoir besoin. Le jour de l'épreuve, sous pression, c'est lui qui te sortira d'un bug en trois minutes au lieu de vingt.
Recoder ce qui est déjà codé
Erreur très fréquente, et la plus coûteuse en temps.
La question 3 d'un sujet réutilise presque toujours ce qui a été construit en question 2. Mais les élèves traitent chaque question comme un exercice isolé. Au lieu d'appeler la fonction qu'ils viennent d'écrire, ils en recopient tout le contenu à l'intérieur de la nouvelle.
Ce n'est pas un problème de confiance dans leur code, c'est un problème de regard : ils ne voient pas que les questions s'emboîtent. Résultat : du temps perdu qu'ils n'ont pas sur une heure, du code plus long donc plus buggé, et des points laissés sur la table alors que réutiliser un code existant est précisément l'une des compétences évaluées.
Ce qu'il faut faire. Avant d'écrire une fonction, relis les précédentes. Demande-toi systématiquement : est-ce que je viens de coder un morceau de ce qu'on me demande maintenant ? La réponse est oui plus souvent que tu ne le crois.
Coder juste et rester muet
Un élève m'a dit, en sortant : il savait que son code était bon parce qu'il l'avait testé, mais quand l'examinateur lui a demandé de l'expliquer, il a bégayé.
L'épreuve n'évalue pas ton fichier, elle évalue ce que tu sais faire, et l'examinateur en juge par le dialogue. Un code juste que tu ne sais pas justifier ne vaut pas ce qu'il devrait.
Ce qu'il faut faire. Entraîne-toi à voix haute. Après chaque fonction écrite, formule en une phrase ce qu'elle fait, et en une autre pourquoi tu l'as écrite ainsi. Et si tu bloques pendant l'épreuve, demande de l'aide à l'examinateur : cela peut coûter quelques points, rester coincé dix minutes en coûte davantage. Il passera te voir de toute façon.
Comment se préparer concrètement
La préparation à l'épreuve pratique tient en une phrase : programme sur machine, pas sur feuille. Tout le reste en découle.
Commence tôt, et par les vrais sujets
La banque est publique. Les sujets de la session en cours sortent au plus tard le 24 mars, mais tu n'as pas besoin de les attendre : ceux des sessions précédentes couvrent les mêmes notions et le même format. Commence dès que le programme de terminale est assez avancé, sans attendre le printemps. C'est l'erreur classique de traiter cette épreuve au dernier moment, alors qu'elle demande un réflexe qui met des semaines à s'installer.
Un sujet par semaine, dans les conditions réelles
Un sujet, une heure, chronomètre lancé, ordinateur devant toi. Pas de correction ouverte à côté. Tu ne consultes la correction qu'à la fin, jamais pendant.
Une fois par semaine, c'est suffisant si tu t'y tiens. Dix sujets traités sérieusement valent mieux que vingt-trois survolés.
Comment utiliser une correction
Une correction ne sert à rien si tu la lis avant d'avoir cherché. Elle sert à deux choses, dans cet ordre.
D'abord, comparer. Pas seulement « est-ce que j'ai trouvé la même chose », mais : est-ce que je suis passé par le même chemin ? Là où ta solution diffère, comprends pourquoi.
Ensuite, récupérer les questions que tu n'as pas su faire. Lis la démarche, referme la correction, et refais l'exercice de zéro. Une correction comprise n'est pas une correction acquise.
Les corrections de cette page sont écrites dans cet esprit : elles détaillent le raisonnement question par question, pas seulement le code final.
Entraîne-toi à parler
L'oral fait partie de l'épreuve. Après chaque fonction écrite, explique-la à voix haute comme si l'examinateur était derrière toi. Tu peux le faire seul : le simple fait de formuler révèle ce que tu n'as pas compris.
Le brouillon reste ton meilleur outil
Même sur machine, garde une feuille à côté du clavier. Le découpage en actions élémentaires avant de coder, le tableau de déroulé quand ça coince : ces deux gestes s'écrivent à la main et font gagner un temps considérable.
Se faire accompagner en NSI
Je prépare chaque année des élèves de terminale à cette épreuve, en cours particuliers.
Questions fréquentes
Je suis candidat libre, dois-je passer l'épreuve pratique ?
Non. Les candidats individuels et les candidats des établissements privés hors contrat en sont dispensés. Leur note de spécialité NSI est alors celle de la partie écrite, ramenée sur 20 points.
Et si je suis inscrit au Cned ?
Les candidats inscrits au Cned ne sont pas dispensés : ils passent l'épreuve pratique comme les autres.
Que se passe-t-il si je suis absent le jour de l'épreuve ?
Une absence non justifiée entraîne la note zéro pour cette partie. En cas d'absence justifiée, ton établissement organise si possible une épreuve avant la fin de l'année scolaire. Si rien ne peut être organisé, tu en es déclaré dispensé.
Existe-t-il une épreuve de remplacement ?
Non, il n'y a pas d'épreuve de remplacement pour la partie pratique.
Peut-on rattraper l'épreuve pratique au second groupe ?
Non. L'épreuve orale de contrôle du second groupe dure 20 minutes, avec 20 minutes de préparation, et porte sur le programme de l'épreuve écrite. Ce n'est pas une seconde chance sur la pratique.
Puis-je être évalué par mon professeur de NSI ?
Non. L'examinateur ne peut pas évaluer un élève qu'il a eu en classe pendant l'année en cours. Il suit au maximum quatre candidats en même temps.
Je suis en situation de handicap, comment ça se passe ?
Deux cas : soit une dispense, sur avis du médecin désigné par la MDPH, soit un aménagement. L'aménagement peut porter sur le poste de travail, le temps imparti, l'aide d'un secrétaire ou l'adaptation du support. L'objectif affiché par les textes est que le maximum de candidats puisse passer l'épreuve.